Four Rosières ancien : histoire, modèles et ce qu’il faut savoir avant d’acheter

four rosieres ancien

Une marque née dans les forges du Berry en 1836, rachetée par un géant italien en 1987, absorbée par un conglomérat chinois, puis dissoute en 2025 – et pourtant, des milliers de fours Rosières tournent encore dans des cuisines françaises. Si vous cherchez un ancien modèle, vous avez de bonnes raisons de le faire : la réputation de robustesse de ces appareils n’est pas un mythe. Mais il y a quelques vérités à connaître avant de sortir le chéquier.

Naissance et ascension d’une marque française

Tout commence en 1836, lorsque le marquis de Boissy fait construire des forges à Lunery, dans le Cher. L’installation est sérieuse : deux hauts-fourneaux, une fonderie équipée de six feux de forge, un laminoir. On est loin de l’électroménager – on fabrique du métal brut.

En 1869, Jules Roussel rachète le site et opère un virage décisif : il transforme la forge en fonderie orientée vers les appareils de cuisson et pose les bases de ce qui deviendra la marque Rosières. Huit ans plus tard, en 1877, la société anonyme de Rosières est officiellement créée, spécialisée dans la fabrication d’appareils de cuisson.

L’essor est spectaculaire au fil du XXe siècle. Dans les années 1970, l’usine de Lunery emploie jusqu’à 1 400 salariés – un chiffre qui dit beaucoup sur le poids économique de la marque dans la région. Au début des années 1980, Rosières atteint la troisième place des producteurs français d’appareils ménagers, derrière des poids lourds comme Thomson et Brandt.

Des cuisinières emblématiques aux fours encastrables : l’évolution des produits Rosières

La première cuisinière Rosières sort en 1972. C’est un lancement tardif par rapport à certains concurrents, mais la marque rattrape vite son retard avec une gamme solide, appréciée pour sa construction en fonte et acier émaillé qui résiste bien aux chocs thermiques répétés.

En 1985, Rosières signe un partenariat avec Paul Bocuse, qui prête son nom à une cuisinière haut de gamme baptisée « La Bocuse ». C’est un coup de communication bien trouvé : associer un appareil de cuisson au chef lyonnais le plus célèbre du pays donne une légitimité immédiate auprès des cuisiniers sérieux.

Parmi les modèles anciens encore recherchés aujourd’hui, le RFT 5577 BAV revient régulièrement dans les discussions d’amateurs. Ce four à cavité inox, avec son thermostat mécanique et sa résistance grill intégrée, a la réputation de tenir la température de façon homogène – un point que beaucoup de fours modernes entrée de gamme ne garantissent pas aussi bien. La gamme RFT (four traditionnel) a longtemps constitué le coeur de l’offre Rosières avant que les fours à chaleur tournante ne s’imposent.

Rachat par Candy, intégration à Haier : que s’est-il passé après 1987?

four rosieres ancien modèle

En 1987, la famille Fumagalli, propriétaire du fabricant italien Candy, rachète Rosières. L’objectif affiché est de renforcer la présence du groupe sur le marché français. Dans un premier temps, la production à Lunery se poursuit et la marque garde une identité propre.

La donne change radicalement quand Haier, le groupe chinois d’électroménager, absorbe Candy en 2019. Rosières se retrouve dans un portefeuille de marques immense, en concurrence directe avec Hoover, Candy et les propres produits Haier. Les arbitrages industriels deviennent défavorables au site français.

Le directeur général de Haier Europe le dit sans détour : les ventes de Rosières ont chuté de 40 % entre 2016 et 2019. En juillet 2020, Haier Europe annonce la fermeture des activités de production, avec 72 suppressions d’emplois à la clé. Le 26 janvier 2021 est officiellement le dernier jour de production sur le site de Lunery. Les chaînes d’assemblage sont délocalisées en Roumanie.

La marque Rosières existe-t-elle encore?

Oui, mais dans une forme très allégée. La marque Rosières continue de commercialiser des fours et des appareils de cuisson en France sous son nom, les produits étant désormais assemblés en Roumanie. Vous trouverez encore des modèles neufs chez des revendeurs spécialisés en 2024.

Mais le chapitre juridique se referme définitivement : en septembre 2025, la société Candy France décide la dissolution de la SAS Usines de Rosières, dont le capital s’élevait à 4 498 375 euros (RCS Bourges). La structure juridique qui portait la production française depuis des décennies n’existe plus.

Ce que vous achetez aujourd’hui sous le nom Rosières, c’est un appareil produit à l’étranger, vendu sous une enseigne française dont l’histoire industrielle est close. C’est utile à savoir, que vous visiez le neuf ou l’occasion.

Quel est le prix d’un four Rosières, neuf ou d’occasion?

Sur le marché du neuf, la fourchette de prix est assez resserrée : les fours encastrables Rosières se vendent entre 299 € et 509 €, avec un prix moyen observé autour de 404 €. Ce positionnement correspond clairement à l’entrée et au milieu de gamme.

Des opportunités de déstockage apparaissent régulièrement. Le modèle RFC3OP5579IN a ainsi été proposé à 269,99 € alors que son tarif d’origine était de 629,99 €. Si vous n’êtes pas attaché à un modèle précis, surveiller ces déstockages peut valoir le coup.

Pour l’occasion, voici un aperçu des fourchettes selon les profils :

Type de modèle État Fourchette de prix
Four encastrable années 1990-2000 Fonctionnel, sans accessoires 80 € – 150 €
Four encastrable complet avec accessoires Bon état général 150 € – 300 €
RFT 5577 BAV (modèle recherché) Variable jusqu’à 800 €

Le RFT 5577 BAV à 800 € peut surprendre, mais ce prix s’explique : c’est un modèle dont la réputation de fiabilité thermique attire des cuisiniers qui font des cuissons longues et précises. Pour un braisé de huit heures ou un pain au levain, la régularité du thermostat compte plus que les fonctions connectées.

Rosières est-elle une bonne marque?

La réponse honnête est : cela dépend de quelle époque vous parlez. Les appareils fabriqués à Lunery, jusqu’en 2021, ont une réputation de solidité bien documentée. La construction en acier épais, les résistances dimensionnées avec une certaine marge, les joints en caoutchouc durables – tout cela se traduit par des fours qui fonctionnent encore 20 ou 25 ans après leur sortie d’usine.

Le positionnement historique de Rosières était l’entrée-milieu de gamme, mais avec une qualité de fabrication supérieure à ce que le prix suggérait. C’est précisément pourquoi les anciens modèles gardent de la valeur sur le marché de l’occasion.

Les interrogations portent sur l’après-2021. Le suivi SAV et la disponibilité des pièces détachées sont devenus moins prévisibles depuis la fermeture de l’usine française. Si une résistance ou un thermostat lâche sur un modèle récent assemblé en Roumanie, la chaîne de pièces est moins directe qu’elle ne l’était quand tout était produit dans le Cher.

Acheter un ancien four Rosières aujourd’hui : ce qu’il faut vérifier

est-ce que la marque rosière est une bonne marque ?

Avant tout achat d’un four Rosières d’occasion, vérifiez la disponibilité des pièces détachées pour ce modèle précis. Les références antérieures à 2005 posent parfois des problèmes d’approvisionnement. Quelques revendeurs spécialisés stockent encore des pièces Rosières, mais l’offre se réduit chaque année.

À l’inspection physique, concentrez-vous sur ces points :

  • Les joints de porte : un joint sec, craquelé ou déformé laisse partir la chaleur. Le remplacement coûte entre 20 € et 50 €, mais vérifiez d’abord que la référence est disponible.
  • Les résistances : demandez à faire fonctionner le four à 200 °C pendant dix minutes. La montée en température doit être régulière et la cavité doit atteindre la température affichée.
  • Le thermostat : un thermostat déréglé est le problème le plus courant sur les anciens modèles. Vérifiez avec un thermomètre de four indépendant.
  • L’état de l’émail intérieur : des écaillures importantes ne sont pas seulement inesthétiques, elles peuvent affecter la répartition de la chaleur.
  • Les accessoires d’origine : léchefrite, grilles, tournebroche – leur absence fait baisser la valeur et leur remplacement est parfois difficile à trouver.

Si la réparation s’annonce supérieure à 150 €, comparez avec un four neuf entrée de gamme à 299 €. Un four Rosières des années 1990 en bon état vaut le coup; un appareil qui nécessite thermostat, résistance et joints en même temps devient un gouffre financier.

Un four Rosières bien conservé, c’est souvent un appareil acheté par quelqu’un qui cuisinait vraiment – et qui en prenait soin. Quand vous en trouvez un dans cet état, la robustesse de la fabrication fait le reste.